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par Jacqueline Joannon
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Jeudi 4 décembre 2008
Justice des mineurs : jeunesse sacrifiée, société en danger
03/12/2008

CAP21, parti politique présidé par l’ancienne ministre Corinne LEPAGE, fondateur du Mouvement Démocrate, tient à exprimer ses plus vives inquiétudes sur les projets de réforme de l’ordonnance de 1945 relative à la justice des mineurs tels que le propose la Commission Varinard.

Avec la suppression du primat de l’éducatif sur le répressif ou la proposition d’abaisser la responsabilité pénale de 13 à 12 ans, avec les provocations du porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, sur la détection précoce des comportements, avec la restriction des missions des éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse à la seule mise en œuvre des mesures pénales, il se profile une société du tout répressif où la peur et la stigmatisation deviennent la règle au mépris du pacte républicain qui fonde la cohésion sociale de notre pays, au mépris d’une jeunesse que l’on sacrifie sur l’autel de la démagogie sécuritaire.

Selon la Ministre de la Justice, la délinquance des mineurs ne cesserait d’augmenter et l’âge des délinquants ne cesserait de s’abaisser alors que le sociologue Laurent Mucchielli nous livre un tout autre diagnostic issu des chiffres de police et de gendarmerie en montrant que la part des mineurs est passée de 22 % en 1998 à 18 % en 2007. Contre-vérités, désinformation tentent aujourd’hui de justifier une politique qui occulte les vraies questions.

Pour Eric Delhaye, président délégué de CAP21, des mineurs délinquants ce sont des mineurs en danger que la société a le devoir de récupérer par des mesures d’accompagnement appropriés, par une politique renforcée de protection de l’enfance, par une coordination étroite des services publics (enseignants, assistantes sociales, éducateurs, police, justice, professionnels de santé…) autour de la famille. La doctrine de la tolérance zéro et du tout répressif conduit à baisser les bras et à accepter l’exclusion durable d’une partie de la jeunesse, ignorant les leçons des flambées de violence qui ont frappé nos banlieues il y a quelques années.

Bertrand Rio, Secrétaire Général
b.rio@cap21.net
06 64 88 54 03
skype: SgCap21
Cap21 avec Corinne Lepage www.cap21.net
par Jacqueline Joannon
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Lundi 24 novembre 2008


22/10/2008

Le parti écologiste CAP 21, présidé par l'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage, salue des avancées incontestables dans la loi d’orientation Grenelle 1 dont le vote solennel par l’Assemblée nationale a lieu aujourd'hui.

Selon un communiqué, CAP 21 note des avancées en particulier sur le renversement de la charge de la preuve en matière environnementale, la compensation de la biodiversité, le développement de l’agriculture biologique et la réduction des pesticides, l’objectif national de réduction de la production des déchets de 25kg par habitant/an dans les cinq prochaines années.

Eric Delhaye, président délégué de CAP 21 espère cependant ''la correction'' d'un certain nombre d’amendements dans la poursuite du débat parlementaire, en particulier sur la modulation apportée au niveau d’efficacité énergétique des bâtiments neufs en fonction du choix de l’énergie (énergie électrique par ex) ou sur l’incinération retenue comme mode prioritaire de traitement des déchets ménagers résiduels. Eric Delhaye regrette par ailleurs l’absence de dispositions relatives à la protection des lanceurs d’alerte et de l’expertise.

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par Jacqueline Joannon
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Lundi 24 novembre 2008


17/10/2008

PARIS, 16 oct 2008 (AFP) - Le mouvement de Corinne Lepage Cap 21 a réclamé jeudi une commission d’enquête parlementaire "sur l’état réel de préparation de notre pays sur le plan opérationnel" à une éventuelle pandémie de grippe aviaire.

L’organisme chargé de gérer les stocks de médicaments pour parer à une éventuelle pandémie de grippe aviaire n’a plus de directeur depuis le mois de juin, selon des informations du quotidien Le Parisien. Le Pr Didier Houssin, délégué interministériel à la lutte contre la grippe aviaire a assuré à l’AFP qu’un nouveau directeur allait être nommé pour que "ce dossier avance". "L’interview du préfet Bernard Boubé, ancien directeur de l’EPRUS (Etablissement de Préparation et de Réponse aux Urgences Sanitaires) dans le Parisien révèle ainsi d’importantes carences dans la gestion des stocks de médicaments et masques, en raison de leur dispersion dans les établissements de soins et de l’absence de suivi sur les risques de péremption ou de rupture de chaîne du froid", souligne le communiqué de Cap 21. "Sur une question aussi fondamentale, Cap 21 (...) demande la création d’une commission d’enquête parlementaire de manière à faire un état des lieux exhaustif et transparent de l’état de préparation de la France", ajoute le communiqué.

par Jacqueline Joannon
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Lundi 24 novembre 2008

Energies renouvelables : CAP21 très inquiet du lobbying anti-éolien en France

19/11/2008

A l’évidence, les énergies renouvelables constituent un moteur de croissance important pour la France et l’Europe. Encore faut-il une volonté politique sans faille pour créer les conditions favorables à leur essor.

CAP21 accueille avec satisfaction la plupart des mesures du plan sur les énergies renouvelables que vient d’annoncer le Ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire.

Pour Eric DELHAYE, président délégué de CAP21, ce plan comporte des avancées substantielles notamment avec la création d’un fonds chaleur de plus de 1 milliard d’euros sur trois ans qui va permettre le développement sans précédent des chaufferies collectives et des réseaux de chaleur. Les mesures sont également intéressantes pour le développement du solaire avec un bémol sur l’absence de revalorisation du tarif de base pour les centrales au sol, revalorisation qui permettrait de tenir compte des conditions d’ensoleillement pour compenser les inégalités géographiques.

Pour l’éolien par contre, Corinne LEPAGE, présidente de CAP21 et vice-présidente du Mouvement Démocrate s’inquiète de l’opposition très structurée qui se développe en France, à laquelle s’est rallié récemment un ancien Président de la République. Il sera physiquement impossible de parvenir à l’objectif de 23% d’énergies renouvelables en rendant de facto impossible le développement de l’énergie éolienne. Or, tel est bien l’objectif qui soumet aujourd’hui la construction d’éoliennes à des procédures très lourdes et complexes, plus qu’une usine Seveso par exemple puisque il faudra un plan général , un permis de construire et une procédure au titre des installations classées (ICPE) parfaitement inutile.Alors que la technologie est aujourd’hui mature, mise en place à grande échelle dans de nombreux pays (Espagne, USA, Chine, Allemagne, Danemark), la France impose la règlementation la plus dure au monde pour l’implantation de parcs éoliens. CAP21 est favorable à un encadrement par des schémas régionaux mais pas au coup de frein imposé actuellement à la filière éolienne.

L’Etat rend impossible l’objectif de 23% qu’il affiche par ailleurs, rend impossible le respect de nos engagements communautaires passés qui exigeaient 18% de renouvelable en 2010 et surtout répond aux souhaits du lobby nucléaire de faire exploser en plein essor la seule énergie en état aujourd’hui de grignoter quelques pourcentages à l’électricité nucléaire. Ainsi, le lobby nucléaire pourra continuer la désinformation consistant à soutenir que les énergies renouvelables sont incapables de fournir de l’électricité en quantité et que l’EPR est la seule réponse.

CAP21 espère pouvoir compter sur l’action déterminée de Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciuzko-Morizet pour accompagner cette filière incontournable vers l’accomplissement tant des objectifs européens que des objectifs du Grenelle.


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par Jacqueline Joannon
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Jeudi 11 octobre 2007
Bonjour à tous,

Je bénéficie à ce jour du soutien officiel de la présidente de CAP21 dans ma candidature à la mairie de Meylan (38240)

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Chère Jacqueline

Je vous confirme très officiellement que je vous mandate pour représenter
CAP21 au sein du bureau provisoire du MODEM de l'Isere.
Par ailleurs, je vous confirme que je soutiendrai au niveau natioanl
votre candidature à la candidature sur Meylan.

Bien à vous
Corinne Lepage

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par Jacqueline Joannon
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Jeudi 11 octobre 2007
La séquence environnement de ce soir sur France 2 dans le journal de David Pujadas est un bel exemple de présentation partielle discréditant une énergie renouvelable, l'énergie éolienne. La ficelle est énorme et pourtant peu de monde sont capables de décoder la manipulation. Ce type de reportage est plutôt un remplissage médiocre de rubrique régulière du journal.

David Pujadas, pour présenter sa séquence pose la question "l'énergie éolienne est-elle si écologique que cela."?

Le caractère écologique de cette énergie renouvelable n'est regardée qu'au travers de son apport à la lutte contre l'effet de serre, ce qui est une stupidité en France.

David Pujadas a donc orienté le débat entre les "pour" qui affirment que l'éolien réduit de 10% les émissions de gaz à effet de serre et les "contre" qui affirment que l'éolien n'est pas efficace car il réduit les émissions de 0,3%.

Ce débat n'a pas de sens pour plusieurs raisons.

L'effet de serre est du essentiellement à la consommation d'énergie dans les transports, le chauffage dans l'habitat, à l'élevage avec les dégazages de méthane, et l'industrie.

La consommation d'électricité représente quelques % de la consommation totale et émet peu de gaz à effet de serre en France car nous sommes très nucléarisés avec un procédé d'enrichissement d'uranium peu émetteur de gaz à effet de serre.

C'est moins vrai dans les autres pays où l'électricité est à dominante charbon.

Analyser l'éolien au regard de l'effet de serre est absolument insignifiant en France et ne peut constituer un argument contre  ce type d'énergie.

Par contre on peut avoir un débat pertinent sur la part d'éolien et le nucléaire ou la place de l'éolien dans le bouquet énergétique électrique qui permettrait de réduire les déchets radioactifs. Rien de tout cela n'est présenté dans ce journal.

Evidemment, dans la ligne du reportage, la critique de cette énergie se construit autour de l'aspect intermittent de la production obligeant à coupler cette source à une centrale thermique, ce qui émet du gaz à effet de serre.

Mais personne ne parle du couplage à des centrales cogénération au biogaz, aussi peu émetteur qu'une centrale nucléaire française.

Bref, voir un dossier par le petit bout de la lorgnette peut conduire à une désinformation de la population, ce qui n'est pas assurément la mission d'un service public de télévision. 

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par Jacqueline Joannon
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Vendredi 28 septembre 2007
Un article paru dans le journal 'Le Monde' daté du 28/09/2007. Je vous en souhaite une bonne lecture.

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MUNICIPALES UDF/MODEM
A Lyon, Michel Mercier, le bras droit de M. Bayrou, est courtisé par l'Elysée

LYON CORRESPONDANTE RÉGIONALE

Michel Mercier sera-t-il le prochain centriste à entrer dans le gouvernement ? Nicolas Sarkozy s'apprête à recevoir le patron du MoDem à Lyon et l'un des plus fidèles compagnons de route de François Bayrou. Les deux hommes s'étaient déjà rencontrés, en juillet, à l'Elysée, pour évoquer le dossier de la réforme constitutionnelle et celui des échéances municipales. L'entourage du sénateur du Rhône ne dément pas totalement le scénario, mais y met un bémol : " Si cela devait se réaliser, il ne s'agira pas d'un débauchage individuel, mais d'une stratégie concertée avec le MoDem, sur la base d'un accord programmatique. "

L'ouverture au MoDem aurait une contrepartie : un accord sur les municipales. A Lyon, le centre est très affaibli depuis 2001, et sans aucun conseiller municipal. Mais il détient encore en partie la clé du scrutin pour arbitrer le duel entre le maire sortant socialiste, Gérard Colomb, et son challenger UMP, Dominique Perben. Les deux adversaires sont à la manoeuvre depuis plusieurs mois pour tenter de décrocher une alliance avec les centristes. Ces derniers, pour le moment, font mine de ne pas choisir et de défendre une position d'autonomie. " Je rencontre le président de la République, mais je dîne aussi avec les époux Collomb. J'entretiens avec le maire de Lyon d'excellentes relations, dans l'intérêt de cette ville ", s'amuse M. Mercier.

L'Elysée, inquiet de l'évolution sociologique des grandes villes, plutôt favorable à la gauche et au centre, sait que M. Perben est à la peine pour rassembler la droite lyonnaise et emporter les élections de mars 2008. Si Nicolas Sarkozy est arrivé à Lyon largement en tête au premier tour de l'élection présidentielle, les socialistes ont réussi aux législatives à emporter une victoire historique dans deux des quatre circonscriptions lyonnaises. Les centristes eux-mêmes sont dans la difficulté. Ils n'ont plus de candidat après le désistement d'Anne-Marie Comparini, qui a annoncé, mercredi 19 septembre, son retrait de la vie publique. Plusieurs personnalités, comme Azouz Begag, se sont manifestées. Mais aucune n'a vraiment le profil d'un chef de file.

Mardi 25 septembre, lors d'un bureau départemental du MoDem, M. Mercier a inquiété les nouveaux adhérents du parti centriste : la dissolution de l'UDF, qui devait être actée dimanche 25 novembre au cours du congrès fondateur du MoDem, ne serait plus acquise. Des sénateurs, partisans d'un parti fédéral chapeautant plusieurs formations, comme l'UDF, les nouveaux adhérents et Cap 21 (fondé par Corine Lepage), auraient obtenu que la question de la dissolution soit tranchée, avant le 25 novembre, lors d'un congrès de l'UDF. " Si nous options pour un parti fédéral au lieu d'un parti unitaire, ce serait la fin de la ligne défendue par Bayrou. Les UDF pourraient rentrer au gouvernement sans quitter le MoDem. A Lyon, l'UDF pourrait s'allier avec Dominique Perben après ou même avant le premier tour ", commente un participant.

L'ambiguïté de M. Mercier semble susciter des vocations. Gilles Vesco, l'un des candidats à la candidature à Lyon, mais également membre de l'exécutif de M. Collomb à la Communauté urbaine de Lyon, se dit prêt, en cas d'alliance entre le MoDem et l'UMP, à participer " à une vraie liste démocrate qui casse la bipolarisation ".

Sophie Landrin

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Samedi 22 septembre 2007
Une belle initiative Lilloise que celle-ci. Un article tiré du journal 'Le Monde' daté du 22/09/2007.

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ÉNERGIE INAUGURATION DU PLUS GRAND CENTRE DE VALORISATION DES ORDURES D'EUROPE
La métropole lilloise transforme les déchets en gaz pour faire rouler ses bus

LILLE CORRESPONDANT

La communauté urbaine de Lille a inauguré, jeudi 20 septembre, un équipement majeur de son schéma de gestion des résidus urbains. Construit à Sequedin, en bordure de la Deûle, le Centre de valorisation organique (CVO) exploité par la société Carbiolane, filiale de Dalkia France, se présente comme le plus grand d'Europe et transforme les déchets en biogaz. Il a nécessité un investissement de 55 millions d'euros auxquels s'ajoutent 20 autres millions pour un centre de transfert relié à la voie fluviale.

Cet équipement, qui répond aux normes de haute qualité environnementale (HQE), a été conçu pour valoriser et transformer en énergie 108 600 tonnes de biodéchets par an. Il s'agit des ordures ménagères triées par les habitants (déchets de cuisine et de jardin essentiellement) et de celles produites par la restauration collective. Le CVO traite également les déchets verts collectés dans les six déchetteries communautaires.

Les biodéchets sont broyés et précompostés avant de passer en phase de méthanisation. Celle-ci est réalisée à une température de 57 0C, sans oxygène. La matière est ainsi traitée durant vingt-cinq jours dans trois " digesteurs ". A l'issue de cette période, deux produits sont obtenus : le digestat et le biogaz. Le premier est mélangé à des déchets verts puis, après un processus de six semaines, est transformé en compost pour l'agriculture.

Le biogaz est épuré pour produire un méthane consommable par les bus. Un dépôt de bus au gaz de 150 véhicules a été ouvert, fin 2005, à proximité immédiate du CVO auquel il est relié par une canalisation souterraine. Ces bus étaient jusqu'à présent alimentés au gaz naturel fourni par Gaz de France. Dans un premier temps, une centaine d'entre eux utiliseront le biogaz produit par le CVO.

" Les territoires qui réussiront sont ceux qui vont s'affranchir du pétrole ", s'enthousiasme Eric Quiquet, vice-président (Verts) chargé des transports à la communauté urbaine de Lille. Ce système procure aussi l'avantage d'éviter le recours aux agrocarburants (éthanol ou biodiesel). Lorsque le CVO de Sequedin atteindra sa vitesse de croisière, il produira 4 millions de m3 de biogaz. D'ici à 2011, l'ensemble de la flotte, soit 450 bus, roulera soit au gaz naturel, soit au biogaz.

Philippe Allienne

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Mardi 18 septembre 2007
Voici une critique peu amène de la politique économique Française actuelle parue dans le journal 'Le Monde' daté du 19 Septembre 2007.

Je vous en souhaite bonne lecture

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Les leçons monétaires du mauvais élève   

Nicolas Sarkozy, personne ne peut le contester, a de la suite dans les idées. Durant la campagne présidentielle, il avait, à de multiples reprises, attaqué la Banque centrale européenne (BCE), dont la politique d'euro fort et de taux trop élevés était responsable, à ses yeux, d'une grande partie des maux économiques du pays (croissance molle, déficit commercial record, pouvoir d'achat médiocre, délocalisations, désertification industrielle, crise d'Airbus, etc.).

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, avait aussi été une de ses cibles préférées, comme il avait déjà été, douze ans plus tôt, quand il était encore gouverneur de la Banque de France, celle du candidat Jacques Chirac. Mais tout cela n'avait rien de très surprenant : M. Sarkozy restait fidèle à la démagogie monétaire des prétendants à l'Elysée, persuadés qu'ils vont gagner des suffrages en expliquant que les banquiers centraux sont l'ennemi de la démocratie et du peuple. Mais, alors que M. Chirac, une fois installé à l'Elysée, s'était empressé de remiser ses critiques contre le franc fort et avait même mené un très rude combat contre les Allemands pour imposer la nomination de M. Trichet à la tête de la BCE, M. Sarkozy, au contraire, persiste et signe. En rentrant de Hongrie, il a dit à quelques journalistes tout le mal qu'il pensait de la politique suivie à Francfort.

Les confidences monétaires de M. Sarkozy ont de quoi inquiéter. D'abord parce qu'elles confirment - et renforcent - l'isolement économique de la France. Les autres capitales européennes ont vivement réagi aux propos du chef de l'Etat et pris sans hésiter la défense de la BCE. Elles jugent que M. Trichet fait plutôt du bon travail et que la stratégie qu'il mène est adaptée à leurs propres besoins économiques.

La croissance y est beaucoup plus forte qu'en France, bonnet d'âne avec 1,8 % de hausse du PIB prévu en 2007 par l'OCDE contre 2,6 % pour l'ensemble de la zone euro. Et les faibles taux de chômage, favorables aux revendications salariales, conjugués à la flambée des matières premières, y font craindre des tensions inflationnistes. Partout ailleurs qu'en France, la hausse des taux engagée depuis deux ans par la BCE est donc plutôt la bienvenue. Quant à la vigueur de l'euro, elle n'empêche pas la première puissance économique européenne, l'Allemagne, de dégager des excédents commerciaux records.

N'en déplaise à M. Sarkozy et à l'orgueil national, la BCE ne définit pas sa stratégie monétaire en fonction des données économiques de la France, mais de celles de l'ensemble de la zone euro. Ce n'est pas la faute de nos partenaires si notre économie se porte moins bien que la leur et si elle réclame des taux plus bas. Ce n'est pas au cancre d'imposer son rythme monétaire aux bons élèves de la classe. Les autres pays européens sont d'autant moins disposés à recevoir les leçons économiques de M. Sarkozy que les performances budgétaires françaises sont aussi les plus médiocres de la zone. Pendant que Berlin, Rome, Vienne, Lisbonne et Madrid font des efforts douloureux pour assainir leurs comptes publics, Paris estime pouvoir, sous prétexte de mener à bien des réformes structurelles, laisser filer les déficits. De quoi provoquer l'agacement du président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, qui a dénoncé " le manque d'ambition " de la politique budgétaire française, formule que M. Sarkozy a visiblement jugé offensante, alors qu'elle n'était finalement que très indulgente.

Mais si les critiques du chef de l'Etat contre la BCE ont provoqué un tel tollé, c'est aussi qu'elles interviennent en pleine crise financière, dont nul ne connaît encore la durée et la gravité. Et qui effraie tous les gouvernements de l'Union. S'en prendre aujourd'hui à M. Trichet, qui tente tant bien que mal de colmater les brèches et d'éviter une panique bancaire généralisée, est jugé par les autres dirigeants européens totalement irresponsable. Peer Steinbrück, le ministre allemand des finances, qui a eu l'outrecuidance de critiquer les orientations budgétaires de la France devant M. Sarkozy lui-même, ce que ce dernier ne lui a pas pardonné, juge que " dans un contexte de volatilité et de nervosité ", les gouvernements doivent " rester prudents " et " savoir se taire ".

LES ATTAQUES DE SARKOZY

Mais un tel silence est au-dessus des forces du président de la République, comme semble l'être aussi toute forme d'humilité monétaire. M. Sarkozy explique ainsi volontiers que l'Allemagne s'est ralliée à son propre combat contre la sous-évaluation du yuan, alors que Berlin a depuis des mois dénoncé, en son nom propre et en tant que pays exerçant la présidence du G7, la faiblesse de la monnaie chinoise. De même, après que la BCE a renoncé à relever ses taux directeurs, début septembre, le chef de l'Etat avait estimé que ce statu quo était la conséquence de sa bonne influence.

Mais, aujourd'hui, M. Sarkozy exige plus et voudrait que l'institut d'émission baisse ses taux directeurs. Il souhaiterait qu'il s'inspire de ce que fait la Réserve fédérale des Etats-Unis. Cet éloge du modèle américain apparaît déplacé lorsqu'on sait que de très nombreux économistes dénoncent le laxisme de la FED. Elle a laissé se développer le marché explosif des crédits immobiliers à risque mais aussi inondé durant des années le marché de liquidités, avec pour effet de favoriser la formation d'une gigantesque bulle spéculative. Comme le souligne M. Trichet, une baisse des taux directeurs de la BCE profiterait bien plus aux investisseurs imprudents qu'aux citoyens européens. M. Sarkozy, l'ami des patrons, serait-il aussi celui des spéculateurs ?

De façon plus grave, les attaques de M. Sarkozy contre MM. Trichet et Juncker paraissent révéler son incapacité à admettre le principe même de contraintes extérieures et les mécanismes de l'économie mondialisée. A accepter l'idée que la croissance économique de la France puisse dépendre davantage du dynamisme des exportations chinoises, de l'appétit de consommation des Américains ou du bon vouloir des pays producteurs de pétrole, que de sa propre action. On peut comprendre la frustration que représente, pour quelqu'un qui aime tout contrôler, le fait de devoir subir des événements internationaux sur lesquels il n'a aucune prise.

Mais l'économie française se porterait-elle mieux si M. Sarkozy déterminait lui-même les taux d'intérêt, le niveau de l'euro face au dollar et s'il gérait lui-même l'épargne des ménages ? " Je veux un taux de croissance de 3 % ", va jusqu'à affirmer M. Sarkozy, comme si la hausse du PIB pouvait être fixée par décret : à 3 %, pourquoi pas, mais pourquoi pas non plus à 4 % ou 5 % ? Ou même 10 %, comme les Chinois ?

Pierre-Antoine Delhommais

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